Acte 13 des Gilets jaunes à Paris : «Le XVe a été livré aux casseurs»

Philippe Goujon, maire LR du XVe a été témoin du saccage de trois rues de son arrondissement… sans aucune intervention de la police. Y a-t-il eu un manque de préparation ?
Ancien adjoint au maire chargé de la sécurité auprès de Jacques Chirac, puis de Jean Tiberi, Philippe Goujon, actuel maire LR du XVe, ne comprend pas comment la police a pu être dépassée par le débordement des casseurs, dans le cadre de la manif des Gilets jaunes.

Comment s’est déroulée la manifestation particulièrement dans le XVe ce samedi ?

Alors que le cortège passait paisiblement sur le boulevard Montparnasse pour rejoindre les Invalides, un groupe important de manifestants s’est détaché du cortège délaissant l’itinéraire officiel pour s’engouffrer dans la rue de Vaugirard où personne ne les attendait. Ils ont poursuivi par les rues des Volontaires puis François Bonvin où ils se sont livrés à des dégradations très nombreuses.

Quel est le bilan des dégradations ?

Plusieurs voitures incendiées, principalement des voitures de marques, des commerces dont les vitres ont été brisées, parfois auquel ils ont tenté de mettre le feu. Les casseurs ciblaient banques, assurances, sociétés immobilières et même un garage. Ils ont aussi détruit une voiture de police en passant devant le commissariat de la rue de Vaugirard. Il y a aussi eu l’incendie de poubelles au milieu de la chaussée. Le jour du tri sélectif dans le XVe, toutes les poubelles jaunes étaient sorties avec des cartons et ça prenait feu très facilement. Et comme nous n’avions reçu aucune alerte de la préfecture, nous n’avions rien anticipé. Le mobilier urbain a subi les mêmes dégradations. Enfin, place Cambronne, tout le chantier de voirie a été démonté et a servi à faire des barricades…

Vous avez le sentiment d’une impréparation de la part de la police ?

Le XVe a été livré aux casseurs, délaissé par la préfecture de police. Il y a eu un abandon manifeste d’un arrondissement sans aucune protection alors qu’il était à la limite du circuit déclaré.

Et vous-même, n’auriez-vous pas pu prévoir ?

Nous avons normalement des informations de la préfecture de police qui réquisitionnent certains secteurs menacés. Ici, rien n’a été prévu. Je dénonce cette mauvaise préparation et ce manque anticipation des forces publiques. Cela s’était passé de la même façon il y a quinze jours et aucune mesure préventive n’a été mise en place pour bloquer ces groupes qui se sont écartés du cortège déclaré.

C’est vous qui avez dû prévenir la préfecture ?

J’étais justement dans la rue de Vaugirard quand j’ai vu une marée humaine s’y engouffrer. J’ai appelé la préfecture qui a aussitôt envoyé un détachement d’action rapide.

Vous avez le sentiment que Paris est encore une fois dépassé ?

Je dis que le service d’ordre a eu des ratés. Manifestement le ministère ou la préfecture n’ont pas trouvé la tactique pour répondre à ce type de manifestation très difficile à suivre.

Que faut-il faire maintenant ?

J’exige une réunion avec le préfet de police pour envisager un nouveau dispositif pour la semaine prochaine si cela repasse par Montparnasse. Il doit y avoir des forces mobiles engagées pour empêcher l’introduction de casseurs dans des artères parallèles au circuit déclaré.